Guide néophyte • Public averti 18+

Vous avez déjà tapé « BDSM » en navigation privée, fermé l’onglet très vite, puis rouvert l’onglet encore plus vite ? Rassurez-vous : vous êtes statistiquement très nombreux. Voici le glossaire pour comprendre de quoi on parle avant de cliquer sur « Ajouter au panier » : du vocabulaire, des chiffres français, de l’humour, et surtout (c’est la ligne rouge de cet article) du consentement et de la sécurité. Aucune cravache n’a été maltraitée pendant la rédaction.

Réservé aux adultes

Contenu destiné aux personnes majeures (18 ans et plus). Cet article est informatif et ne remplace pas un avis médical : en cas de doute sur votre santé (cœur, circulation, articulations, grossesse, traitement en cours…), parlez-en à un médecin avant d’essayer quoi que ce soit.

Mot de sécurité de cet article : ANANAS. Si un passage vous met mal à l’aise, dites-le (à voix haute, ça fait toujours son petit effet) et passez au chapitre suivant.

Au programme

  • C’est quoi, le kink, au juste ?
  • Les règles du jeu : consentement, négociation et safeword
  • Le BDSM : le grand parapluie
  • Domination / soumission : qui commande ?
  • Bondage et shibari : l’art (délicat) de l’attache
  • Sadomasochisme : la douleur, version plaisir (et la zone rouge)
  • Le roleplay : jouer la comédie, avec ou sans dés
  • Le pet play : miaou, woof et autres vocalisations
  • Le fétichisme des pieds : un « pied » de nez aux préjugés
  • L’edging : juste un peu encore…
  • La chasteté et le Locktober : on confie les clés
  • Sécurité : la check-list qui sauve la soirée
  • Mini-lexique express

Chapitre 1

C’est quoi, le kink, au juste ?

Le mot kink vient de l’anglais et désigne un nœud, une boucle, un pli : bref, ce qui n’est pas tout droit. En version érotique, c’est tout ce qui sort du « sexe vanille » (le traditionnel, sans épices) : jeux de pouvoir, sensations, rôles, accessoires, fétiches. Pas besoin d’une combinaison en latex ni d’un donjon : le kink est souvent bien plus psychologique que physique.

Il repose sur trois piliers inébranlables : le consentement mutuel et réel, la communication, et la sécurité. Si tout le monde est d’accord et que personne n’est blessé par accident, vous pratiquez peut-être du kink depuis des années sans le savoir (oui, la fessée compte).

Le saviez-vous ? Les chiffres français

  • Dans une enquête Ifop pour JOYclub (mars 2026, 2 210 personnes), 61 % des femmes de moins de 35 ans disent avoir déjà expérimenté des jeux intenses et consentis (gifles, morsures, cheveux tirés), contre 30 % de l’ensemble des Français.
  • Les fantasmes sont bien plus nombreux que la pratique : Brigitte Lahaie, citant les enquêtes sur la sexualité des Français, évoque seulement 3 à 5 % de pratiquants du sadomasochisme.
  • Les mêmes jeunes femmes posent des limites nettes : le « soft kink », ce n’est pas « tout est permis ».

Le kink n’est pas une maladie

Une étude italienne relayée en 2019 par Pourquoi Docteur (266 pratiquants de BDSM face à 200 personnes témoins) conclut que les pratiquants se déclarent plus satisfaits sexuellement et ont moins de problèmes sexuels. Une recherche de 2013 observe qu’ils sont plus extravertis et moins névrosés que les non-pratiquants, et que ces pratiques ne sont pas la conséquence de troubles psychologiques. À nuancer : ce sont des échantillons limités, pas des lois de la nature.

Prévention et sécurité : pas de « tout, tout de suite »

On commence doux, on parle avant, on observe la réaction. Sortir un martinet de la table de nuit après dix ans de vie commune sans prévenir est un excellent moyen de jeter un froid (et pas du tout un moyen de pimenter). Une caresse plus appuyée, une petite tape, puis on regarde comment l’autre réagit : c’est le mode d’emploi du débutant.

Chapitre 2

Les règles du jeu : consentement, négociation et safeword

Avant le premier accessoire, il y a la conversation. Les pratiquants appellent ça la négociation : on dit ce qu’on aime (oui), ce qu’on aimerait tester (peut-être) et ce qui est hors de question (non, jamais). Ce n’est pas romantique sur le papier, c’est très sexy en vrai : savoir exactement ce que l’autre désire est un préliminaire à part entière.

Le safeword, mot magique

Le safeword (mot de sécurité) est un mot ou un signal convenu à l’avance qui arrête immédiatement tout, sans question et sans négociation. Le système des feux tricolores est très répandu : vert = on continue, orange = on ralentit, rouge = stop total. Si on ne peut plus parler (bâillon, bandeau sur la bouche…), on convient d’un geste ou d’un objet qu’on lâche.

Un partenaire qui refuse d’en établir un, ou qui ne le respecte pas ? C’est un signal d’alarme, pas un kink. Dans certains couples installés, d’autres signaux remplacent le mot : l’essentiel est d’avoir un « stop » qui marche à tous les coups.

SSC, RACK, 4 C : l’alphabet du consentement

SSC (Safe, Sane, Consensual : sûr, sain, consenti) est la devise adoptée par de nombreux pratiquants depuis les années 1980. RACK (Risk-Aware Consensual Kink : kink consenti en connaissance des risques) lui reproche de laisser croire qu’une pratique peut être totalement sûre alors qu’aucune ne l’est. Certains parlent aussi des « 4 C » : Consentement, Communication, Caring (bienveillance) et Caution (prudence). Retenez le point commun : le consentement n’est pas négociable.

Consentement : les 4 réflexes

  • Le « oui » est libre, enthousiaste, retirable à tout moment ; un « oui » à une pratique n’est pas un « oui » à toutes.
  • Ni alcool ni drogues : ils faussent le jugement et la perception de la douleur ou de la pression.
  • On renégocie : ce qui plaisait hier peut ne plus plaire aujourd’hui (et inversement).
  • Ignorer un safeword n’est plus un jeu : c’est une faute grave qui, selon le droit applicable, peut devenir un délit.

Chapitre 3

Le BDSM : le grand parapluie

BDSM, c’est trois paires de lettres : B/D (Bondage et Discipline), D/s (Domination et soumission) et S/M (Sadisme et Masochisme). Un grand classique : jeux de pouvoir, sensations fortes et dynamiques de contrôle. Pas besoin d’une salle de torture, ça peut commencer par des menottes en fourrure et un bandeau sur les yeux.

En pratique : l’un décide, l’autre obéit (ou l’inverse). Les rôles sont discutés, les limites posées à l’avance, c’est un théâtre érotique où tout le monde connaît le script et où chacun peut quitter la scène à tout moment.

Le saviez-vous ? Le « soft kink » gagne du terrain

Selon l’enquête Ifop/JOYclub, les jeux de domination plus marqués (fouet, cravache) ne concernent que 15 % des femmes de moins de 35 ans, alors que les pratiques « douces » se banalisent. En tête de leurs envies : les yeux bandés, la fessée, le sexe intense et le bondage léger. Le BDSM n’est donc pas un menu unique : on peut très bien s’arrêter à l’entrée.

Prévention et sécurité : un parapluie, pas un tout-ou-rien

  • Plus un jeu est intense, plus la préparation compte : formation, partenaire de confiance, matériel adapté.
  • Débutants : bandeau, plumeau, menottes douces. Le reste attendra (il est très patient).
  • Ne jamais se laisser attacher par quelqu’un qu’on ne connaît pas ou en qui on n’a pas une confiance totale.

Chapitre 4

Domination / soumission : qui commande ?

Dans une dynamique D/s, un partenaire prend le contrôle (le ou la Dominant·e, ou Dom) tandis que l’autre choisit de le céder (le ou la soumis·e, ou sub). Le mot clé : « choisit ». C’est un échange de pouvoir volontaire et négocié. À ne pas confondre avec top et bottom (celui ou celle qui fait, et celui ou celle qui reçoit), car on peut être top sans être dominant. Oui, c’est un lexique, pas une partie de morpion.

Et le Switch ? C’est la personne qui aime les deux rôles selon les jours et l’humeur : un peu comme quelqu’un qui adore conduire mais ne refuse jamais une place de passager.

Le saviez-vous ? Le vrai pouvoir est parfois de l’autre côté de la laisse

Dans une relation saine, la personne qui dirige réellement le jeu est celle qui choisit de s’offrir : elle fixe les limites, peut dire stop à tout instant et décide de ce qu’elle accepte. Et non, la soumission n’est pas « un truc de femmes » : une sexologue interrogée par La Libre rappelle que de nombreux hommes y sont aussi attirés.

Prévention et sécurité : pouvoir négocié ≠ emprise

  • Une dynamique D/s peut rester dans la chambre ou s’étendre au quotidien (on parle alors de BDSM « lifestyle », avec protocoles et rituels) : dans les deux cas, le cadre est convenu, écrit si besoin, et renégocié régulièrement.
  • Signaux d’alerte : isolement, humiliations non consenties, contrôle de l’argent, des sorties ou des amis. Là, ce n’est plus du kink, c’est de l’emprise.
  • Si le « jeu » devient de la violence réelle, appelez le 3919 (violences conjugales, gratuit et anonyme) ou le 17 en cas de danger immédiat.

Chapitre 5

Bondage et shibari : l’art (délicat) de l’attache

Le bondage consiste à restreindre les mouvements d’un partenaire : cordes, menottes, sangles ou simple cravate oubliée dans l’armoire. L’idée n’est pas de « coincer » quelqu’un, mais de jouer avec la vulnérabilité et la confiance.

Sa forme la plus esthétique est le shibari, l’art japonais de la corde, qui relève presque de la sculpture vivante. Certains exposent leurs œuvres : un artiste japonais a même enveloppé de cordes bleues une maison à Shibuya. Non, vraiment.

Le saviez-vous ? Des samouraïs aux galeries d’art

Selon une dépêche AFP, les racines du shibari remontent à l’époque Edo (1603-1868), quand les seigneurs féodaux utilisaient la technique martiale du hōjōjutsu pour maîtriser des criminels. L’esthétique érotique n’apparaît qu’au début du XXe siècle, par l’illustration puis le cinéma. Pour l’artiste Hajime Kinoko, le kinbaku renvoie à des techniques précises et restrictives, le shibari étant un terme plus large.

Côté chiffres, les enquêtes sont joueuses : selon la formulation des questions et les médias qui les relaient, de 21 % à 44 % des Françaises de moins de 35 ans disent avoir déjà fait l’amour attachées. Preuve que le bondage est populaire, et que les sondages aussi aiment se faire désirer.

Prévention et sécurité : la liste du bondage

  • Jamais attaché(e) sans moyen de se libérer vite : des ciseaux de sécurité restent à portée de main. Et on ne laisse jamais une personne attachée seule.
  • Pas de cordes trop fines, qui peuvent blesser : on privilégie des liens larges et on garde un peu de jeu (glissez un doigt sous le lien).
  • Pression à éviter sur les zones où les nerfs passent près de la peau : poignets, intérieur des coudes, haut des bras, aisselles. Rien autour du cou.
  • Fourmillements, engourdissement, froid, pâleur, teinte bleutée ou perte de force : on détache tout de suite, on ne « tient » pas. Si les symptômes persistent, médecin.
  • En cas de crise d’angoisse, on détache immédiatement.
  • La suspension est une pratique experte, à réserver à des personnes formées. Comme le dit Hajime Kinoko : « Le shibari peut être dangereux ».
  • Ni alcool ni drogues pendant la séance.

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Chapitre 6

Sadomasochisme : la douleur, version plaisir (et la zone rouge)

Le sadisme désigne le plaisir de provoquer des sensations (légères, voire plus intenses : claques, morsures, pincements) à un partenaire consentant. Le masochisme, c’est le plaisir de les recevoir. Ensemble, ils forment le SM, un duo qui doit ses noms à deux écrivains, le marquis de Sade (XVIIIe siècle) et Leopold von Sacher-Masoch (XIXe) : deux auteurs, deux pratiques, zéro droits d’auteur.

Dans la communauté, ces sensations sont souvent décrites comme un « high » proche de celui du sport (endorphines, adrénaline). D’où la blague : les sportifs sont souvent des masos qui s’ignorent (surtout les jours de séance de fractionné).

Le saviez-vous ? Subspace, sub drop et aftercare

Après une séance intense, certaines personnes décrivent un état planant (le subspace), suivi parfois d’un petit coup de blues (le sub drop). D’où l’aftercare : on prend soin de l’autre après le jeu avec une couverture, de l’eau, un câlin, une discussion calme. Ce n’est pas un bonus facultatif, c’est la fin de la séance.

Prévention et sécurité : intensité et zones

  • On monte en intensité par paliers et on regarde les réactions. La douleur, c’est un curseur, pas un interrupteur.
  • Zones charnues (fesses, cuisses) pour les débutants. Évitez reins, colonne, nuque, articulations, ventre et visage.
  • Des rougeurs passagères, c’est normal. Un gros hématome, une douleur persistante ou une marque qui ne s’estompe pas : on consulte.
  • Accessoires propres, en bon état et adaptés à la pratique ; on évite le bricolage improvisé.

Zone rouge : l’étranglement n’est pas un kink « soft »

Selon l’enquête Ifop/JOYclub, 37 % des jeunes Françaises disent avoir déjà testé l’étranglement, contre 13 % de l’ensemble des Français. Banalisé par le porno, il est pourtant dangereux. Une sexologue interrogée par La Libre est claire : « aucune façon d’étrangler n’est sécurisée ».

Une étude australienne relayée par Pourquoi Docteur rappelle que même une faible pression sur les carotides peut provoquer une perte de connaissance, des lésions cérébrales et, dans certains cas, la mort. Alcool et drogues faussent la perception de la pression, et la personne étranglée peut perdre la capacité de signaler son refus : le consentement lui-même est compromis. Allodocteurs cite des pertes de conscience, des crises d’épilepsie, des troubles moteurs et de l’élocution, voire une paralysie, et une étude indiquant des changements dans la structure du cerveau. La chercheuse Debbie Herbenick rappelle d’ailleurs que, même dans les communautés kinky, cette pratique était historiquement considérée comme hors limites.

Notre conseil : ne la pratiquez pas. Préférez le bandeau, la voix, la plume ou une contrainte douce des poignets. En cas de perte de connaissance, de difficultés à respirer, de voix modifiée, de maux de tête violents ou de faiblesse d’un membre (même après coup), appelez le 15 ou le 112.

Chapitre 7

Le roleplay : jouer la comédie, avec ou sans dés

Le roleplay, c’est l’art d’incarner un personnage dans un scénario érotique : médecin et patient, boss et stagiaire, détective et suspect, pompier (avec ou sans lance). Le grand classique reste l’uniforme : la tenue fait une bonne partie du travail, le reste c’est de l’improvisation théâtrale. C’est du jeu, comme Donjons & Dragons, mais avec moins de dés et davantage de lingerie.

Le saviez-vous ? Un cadre fictif, donc rassurant

Le roleplay permet d’explorer des fantasmes dans un cadre clairement fictif : on joue un rôle, on ne le devient pas. C’est d’ailleurs une excellente porte d’entrée pour les néophytes, car on peut commencer avec un simple accessoire et beaucoup de second degré.

Prévention et sécurité : le scénario, c’est comme la chorégraphie

  • On convient à l’avance du scénario : qui joue quoi, jusqu’où on va, ce qui est interdit.
  • Le safeword existe aussi quand on joue au pompier : on sort du rôle et on parle normalement.
  • Personnages et situations entre adultes uniquement ; on évite les scénarios qui réveillent un vrai traumatisme.
  • Costumes : attention aux allergies (latex, métaux), à la chaleur et aux cagoules qui gênent la respiration.
  • Petit débrief après le jeu : ce qui a plu, ce qu’on ajuste.

Chapitre 8

Le pet play : miaou, woof et autres vocalisations

Le pet play (jeu de l’animal de compagnie) est une forme de roleplay où l’un des partenaires incarne un animal : chiot, chaton, poney… pendant que l’autre joue le rôle du maître ou du propriétaire. Oreilles, queue, collier et laisse peuvent être de la partie. Aucun animal réel n’est impliqué (pas même le chat, qui d’ailleurs jugerait).

Le saviez-vous ? Une pratique étudiée par des chercheurs

Une étude publiée dans Archives of Sexual Behavior (trente hommes gays et bisexuels interrogés) décrit le pup play comme l’imitation du comportement d’un chien. La majorité des participants le pratiquent pour la satisfaction sexuelle, mais c’est aussi une forme de détente et de « headspace ». Les auteurs ne trouvent aucun élément pour le rattacher à la zoophilie. Le Kitten play et le Puppy play sont les sous-catégories les plus connues, très visibles dans la communauté LGBTQIA+, mais pas réservées à elle.

Prévention et sécurité : le collier se retire quand on veut

  • Collier jamais trop serré (on doit pouvoir glisser deux doigts), et traction de la laisse sur un harnais plutôt que sur le cou.
  • Masques, cagoules et museaux : on vérifie la respiration, on hydrate régulièrement, on retire au moindre malaise.
  • Jeux à quatre pattes : des genouillères évitent les bobos.
  • Accessoires lavés après usage, et règle d’or : on enlève le collier quand on veut, sans justification.

Pour les accessoires de pet play et les tenues fétiches, direction la catégorie Féticherie.

Chapitre 9

Le fétichisme des pieds : un « pied » de nez aux préjugés

Le fétichisme des pieds (ou podophilie, à ne surtout pas confondre avec la pédophilie, qui n’a rien à voir) désigne une attirance érotique pour les pieds, mais aussi pour les chaussures, les sneakers, les chaussettes, les bas, les talons… Les pieds ont clairement un fan-club.

Le saviez-vous ? Pas de consensus, mais beaucoup d’hypothèses

Medical News Today rappelle qu’il n’existe pas d’explication unique : les théories vont de la psychanalyse (Freud) au conditionnement, en passant par l’hypothèse du neuroscientifique Vilayanur Ramachandran, selon laquelle les zones du cerveau liées aux pieds et aux organes génitaux sont voisines. Une hypothèse, pas une certitude. Une étude de 2007 menée à Bologne place d’ailleurs pieds et orteils parmi les parties du corps les plus citées dans les fétichismes.

L’enquête Ifop/JOYclub nuance l’idée d’un succès universel : parmi les pratiques que les jeunes femmes interrogées refusent d’essayer figure justement le fétichisme des pieds. Quant à Quentin Tarantino, réputé pour ses plans sur les pieds : art cinématographique ou kink assumé ? Le débat est ouvert.

Prévention et sécurité : hygiène, consentement, équilibre

  • Pieds propres et ongles soignés ; en cas de mycose, verrue ou plaie, on suspend les contacts et on se soigne.
  • On ne touche pas aux pieds sans accord (ça chatouille, et ça se discute).
  • Talons et plateformes : risque de chute, surtout après un verre. Pas de piétinement sans consignes claires et sans zones protégées.

Chapitre 10

L’edging : juste un peu encore…

L’edging (de l’anglais edge, le bord) consiste à amener son partenaire, ou soi-même, au bord de l’orgasme, puis à s’arrêter. Plusieurs fois. L’objectif est de construire une tension si intense que la libération finale en est décuplée : la frustration volontaire, transformée en plaisir.

Dans les dynamiques D/s, c’est souvent le ou la Dominant·e qui contrôle le moment du « dénouement », ou qui le refuse carrément : on parle alors de contrôle de l’orgasme (orgasm control) ou de denial. Pour les amateurs de patience.

Le saviez-vous ? Ce que dit la presse française

Selon Paris Match Belgique, la pratique est inspirée du « slow sex », et le plaisir viendrait d’un niveau de dopamine qui augmente tant que la phase pré-orgasmique dure. L’article ajoute qu’elle pourrait aider les éjaculateurs précoces et renforcer le lien avec le partenaire. À prendre avec recul : les bénéfices annoncés sont surtout rapportés, et les données scientifiques restent limitées. On peut la pratiquer en solo comme à deux.

Prévention et sécurité : écoute et communication

  • À deux : on convient de signaux clairs (« encore », « pause », « stop ») et le safeword s’applique, même quand l’orgasme est « refusé » : le refus doit être consenti.
  • Pas de chrono ni de performance : si ça devient une corvée, on arrête.
  • Inconfort persistant, douleur, difficultés urinaires ou changements de la fonction érectile : on consulte un médecin.

Chapitre 11

La chasteté et le Locktober : on confie les clés

La chasteté érotique consiste à confier (ou à imposer, avec accord) le contrôle de sa propre sexualité à un·e partenaire, souvent via un dispositif de chasteté (cage, ceinture) qui empêche tout plaisir sans « permission ». Oui, le Moyen Âge est de retour, version kink. C’est le kink de la confiance absolue : l’un remet littéralement les clés à l’autre. L’ancien code de la chasteté ? Une nouvelle serrure.

Le saviez-vous ? Le Locktober

Le Locktober (mot-valise de lock et October) est un défi communautaire annuel : tout le mois d’octobre, des participants portent une cage de chasteté ou s’abstiennent, parfois sous le contrôle d’un·e partenaire « gardien·ne des clés ». Né sur des forums kink au milieu des années 2010, il a été repris par les réseaux sociaux. En 2024, des hommes hétérosexuels l’ont même utilisé en pensant à un défi de productivité. Le hashtag mérite parfois un petit coup de recherche avant publication.

Prévention et sécurité : cage de chasteté

  • Taille adaptée, matériau sans bords vifs, peau saine : une cage trop serrée provoque pincements, blessures et circulation gênée.
  • On retire régulièrement pour nettoyer et inspecter la peau. Un dispositif improvisé n’a pas sa place ici.
  • Débutants : quelques heures d’abord, puis on augmente progressivement. Un mois entier peut être trop pour une première fois.
  • Douleur, gonflement, engourdissement, peau froide ou violacée, plaie ou difficulté à uriner : on retire immédiatement et on consulte.
  • Toujours un moyen de libération d’urgence (un double de la clé accessible) : la confiance, oui, le piège, non.
  • Diabète, troubles circulatoires, allergie aux métaux : demandez l’avis d’un médecin avant.

Cages et ceintures se trouvent dans la catégorie Chasteté de la boutique.

Chapitre 12

Sécurité : la check-list qui sauve la soirée

On a dit « sécurité » à chaque chapitre ; voici le récapitulatif, parce que la répétition est la mère de la prévention.

Consentement et communication

  • Parler avant, pendant (même en jouant) et après.
  • Convenir d’un safeword ou d’un geste, et le respecter.
  • Ni alcool ni drogues : ils altèrent le jugement et la perception des limites.

Contre-indications médicales

Avis médical avant de pratiquer en cas de problèmes cardiaques, d’hypertension, de troubles circulatoires ou nerveux, de diabète, de douleurs articulaires ou du dos, de grossesse, de traitement anticoagulant (les bleus aiment les anticoagulants), d’allergies (latex, métaux) ou d’antécédents psychologiques sensibles.

Hygiène

  • Accessoires lavés selon leur matière après chaque usage ; préservatif sur un jouet partagé, à changer entre les personnes et entre les usages.
  • Lubrifiant compatible avec la matière du jouet.
  • Dépistage régulier des IST et pas de contact avec une peau abîmée.

Niveau expert : on ne s’improvise pas

Suspension, asphyxie, aiguilles, feu, objets tranchants : ces pratiques exigent une formation sérieuse, avec une personne expérimentée. Et certaines, comme l’étranglement, ne peuvent pas être rendues sûres : le mieux est de s’en abstenir.

Urgence

Perte de connaissance, difficultés à respirer, paralysie, douleur thoracique, saignement important : on arrête tout et on appelle le 15 ou le 112. Pas de « on attend de voir ».

Aftercare : on ne s’éclipse pas

Eau, couverture, câlin, mots doux ou silence partagé : on prend soin de l’autre après la séance, car l’euphorie peut laisser place à une baisse de moral.

Check-list express avant de jouer

  • A-t-on parlé de ce qu’on va faire, et de ce qu’on ne fera pas ?
  • Le safeword est-il convenu ? (Indice : ANANAS fait très bien l’affaire.)
  • Ciseaux de sécurité à portée, téléphone chargé, personne sous influence d’alcool ou de drogues ?
  • Sait-on retirer rapidement chaque accessoire ?
  • A-t-on prévu l’aftercare ?

Chapitre 13

Mini-lexique express

Pour briller à la prochaine conversation (ou comprendre celle de vos voisins).

  • Aftercare : les soins et l’attention après une séance.
  • Bottom : la personne qui reçoit l’action (à ne pas confondre avec sub).
  • Dom / sub : Dominant·e / soumis·e, rôles de pouvoir consentis.
  • Edgeplay : pratiques à risque élevé, à réserver aux expérimentés.
  • Limites : ce qu’on accepte (limites douces) ou refuse catégoriquement (limites dures).
  • Négociation : la conversation avant le jeu, étape non facultative.
  • Safeword : mot ou geste qui arrête tout, tout de suite.
  • Scène : la séance de jeu, avec un début, une fin et un aftercare.
  • Subspace / sub drop : l’état planant pendant la scène / la baisse de moral qui peut suivre.
  • Switch : passe de dominant·e à soumis·e selon l’humeur.
  • Top : la personne qui mène l’action.
  • Vanille : sexe traditionnel, sans épices (aucune insulte).

Une question ? On vous répond

Contactez-nous via le formulaire de contact ou par le numéro de portable indiqué en bas de chaque page (appel de 9h à 20h, SMS, WhatsApp ou Telegram). Pour passer de la théorie à la pratique, retrouvez notre sélection dans la catégorie Kinkerie, ainsi que Bondage et attaches, Chasteté et Féticherie.

Et surtout : le plaisir se partage, le consentement aussi. Mot de sécurité : ANANAS.

Sources : Presse Agence : enquête Ifop/JOYclub sur le « soft kink » • Paris Match Belgique : les Françaises de moins de 35 ans et le sexe plus brutal • Sud Radio : « Cet été, on ose le BDSM ! » • Pourquoi Docteur : BDSM et satisfaction sexuelle • lepetitjournal.com (AFP) : l’artiste Hajime Kinoko et le shibari • Pourquoi Docteur : la strangulation pendant le sexe • Allo Docteurs : l’étranglement et ses conséquences neurologiques • Paris Match Belgique : qu’est-ce que le edging ? • Wignall & McCormack, Pup play (en anglais) • Wikipédia : SSC et RACK (en anglais) • Wikipédia : Locktober (en anglais) • Medical News Today : foot fetish (en anglais)